Ce que les travailleurs du sexe africains veulent !

Ce que les travailleurs du sexe africains veulent ! 

Il y en a trois choses indispensables que les travailleurs du sexe espèrent et sont désireux d’obtenir.

Au lieu regarder le travail du sexe sous le filtre de la religion, éthique ou position personnelle, tout d’abord il faut reconnaitre que le travail du sexe a fait l’objet d’une stigmatisation découlant de la société, sa nature conservatrice de la dernière a toujours entrainé un mépris et un regard stupéfiant envers ceux qui proposent d’une façon volontaire et consentie des rapports sexuels en échange de l’argent, du plaisir ou d’autres avantages mutuels.

Une définition de base du travail du sexe, c’est l’exécution d’un rapport sexuel ou d’autres services sexuels en échange de l’argent, des cadeaux, ou d’autres services. Je ne vais pas entrer dans la frise historique du travail du sexe en Afrique ni dresser une carte des nombreux cas des méfaits dont ont subi les travailleurs du sexe perpétrés par la société sur le prétexte de sanctionner, réhabiliter, et mettre à terme le travail du sexe.

Je m’identifie en tant que défenseur des droits des travailleurs du sexe, je représente un réseau régional dénommé l’Alliance Africaine des Travailleurs du Sexe (ASWA) qui a pour objectif d’amplifier les voix et plaidoyer en faveur du respect des droits humains de la communauté diverse des travailleurs du sexe vivant et exerçant en Afrique.

A cette fin, les travailleurs du sexe africains ont confié à ASWA la tache de la sensibilisation en menant le plaidoyer en vue de faire reconnaitre le travail du sexe, ainsi que la protection de leurs droits humains, notamment le droit de ne pas subir la discrimination fondée sur le choix de la profession et le choix de la sexualité

 Nos valeurs

Au cœur du mouvement africain des travailleurs du sexe, se plient trois idées fondamentales que nous aspirons de faire connaitre et de promouvoir comme faisant partie de notre travail indispensable de la représentation des diverses communautés des travailleurs du sexe, y compris travailleurs hommes, femmes et transgenres Nous ciblons également les travailleurs du sexe séropositifs, handicapés, ceux qui utilisent les drogues aussi que les drogues injectables, réfugiés ou migrants. Tous travailleurs du sexe vivant et exerçant en Afrique sont représentés par ASWA.

L’acceptation de travail du sexe comme travail digne de son nom demeure une de nos valeurs fondamentales. Cette valeur sous-entendre que le travail du sexe soit reconnu comme une source légitime de revenue et d’autres avantages engendrés, à l’instar d’autre travail, les travailleurs du sexe méritent une rémunération équitable et juste par rapport au travail accompli ainsi que la liberté de prendre les décisions financières déterminantes, droit de jouissance et de bénéficier d’une assurance santé, des services bancaires et d’autres émoluments économiques.

 Décriminalisation

Une autre valeur principale, c’est que nous sommes opposés à toute forme d’incrimination ou oppression juridique faites aux travailleurs du sexe, les clients et les parties tierces, y compris les gestionnaires, les propriétaires des maisons clous, les réceptionnistes, serveuses, chauffeurs, les propriétaires, les hôtels qui louent des chambres aux travailleurs du sexe et à toute personne qui facilite le travail du sexe. Il existe une distinction nette de ces deux termes qui font l’objet d’une frontière floue quant au débat au tour du travail du sexe. J’aimerais attirer votre attention à la différence entre la légalisation et la décriminalisation du travail du sexe. La légalisation veut dire que le travail du sexe est règlementé par l’état ou des instances étatiques, et qu’il est autorisé sous réserve de quelques exigences et termes par exemple, l’inscription obligatoire, dépistage forcé de VIH et ISTs et la fiscalisation, par ailleurs la décriminalisation entend l’abrogation de toutes lois qui freinent le travail du sexe et celles qui perturbent l’industrie du sexe. Il faut donc abolir les lois comme le vagabonde, flânerie avec l’intention de commettre un délit, le racolage, qui sont souvent les prétextes des arrestations et poursuites et des harcèlements accentués des travailleurs du sexe.

Epargnez-nous de nos Sauveurs !

La nature du travail du sexe est diverse ainsi que les travailleurs du sexe. Le troisième élément à souligner c’est l’auto organisation et l’auto détermination des travailleurs du sexe. Souvent plusieurs « sauveurs  » ont essayé de réhabiliter ou proposent des moyens alternatifs de subsistance et de génération de revenus aux travailleurs du sexe qui n’aboutissent jamais à des résultats concrets, la plupart de temps ces « sauveurs  » ne tiennent pas en compte le fait que les travailleurs du sexe n’ont pas besoins des incitations, des machines à coudre ou même des rites de baptême, en revanche ils ont besoins des conditions saines de travail et d’une protection par la loi contre la violence et les arrestations, aussi que le droit de ne pas subir à la stigmatisation et droit à une rémunération équitable pour les services rendus ou travail accompli.

Denis Nzioka*

@DenisNzioka

*Denis Nzioka est le directeur des Programmes au sein de l’Alliance Africaine des travailleurs du sexe, (ASWA) ASWA a pour mission de amplifier les voix des organisations conduites par les travailleurs du sexe œuvrant en faveur des services basés sur les droits, prôner le droit de ne pas subir de la violence et la discrimination, la protection contre les lois punitives, les politique et des pratiques malsaines, et l’auto-détermination des travailleurs du sexe. ASWA collabore apriori avec des organisations conduites par les travailleurs du sexe et favorise un renforcement de capacité chapoté par les travailleurs du sexe.

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